Joly Sophie – Fantôme

De l’Académie (ESAVL)
à la Châtaigneraie 2020
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S. JOLY – Fantôme, 2020 – Huile sur toile – 101×130 cm

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L’autoportrait est le sujet principal de mon travail depuis deux ans.

Dans ma peinture, le portrait est aussi important que l’atmosphère dans lequel le personnage baigne. Les arrière-plans sont des décors issus de mes propres rêves, ce qui me permet de rester un maximum dans l’imaginaire et la création. J’aime me rappeler d’un rêve comme d’un souvenir et l’interpréter d’une façon personnelle.

Lorsque j’exécute une peinture, je pars d’abord de l’idée d’un dessin ensuite les coups de pinceaux m’emmènent toujours ailleurs.

Sophie JOLY (1997) – Master spécialisé arts plastiques, visuels et de l’espace : peinture – Académie Royale des Beaux-Arts, E.S.A.V.L. / ULiège – Liège (2020).

J’ai toujours apprécié représenter la figure humaine : construire un visage, retranscrire des proportions qui me paraissent justes, souligner des traits qui me semblent importants ou encore en effacer selon mon envie. Mais ce que j’aime faire c’est surtout jouer avec la couleur : mettre des touches de lumière, créer de la profondeur grâce aux ombres…

Mon but n’est pas de reproduire photographiquement le sujet. En effet, retranscrire le fond avec des profondeurs, des perspectives, parfois même peu correctes, m’intéressent de plus en plus. Dans ma peinture, je crée un univers grâce à des motifs, des éléments qui me plaisent et que j’ajoute dans mes compositions.

Les portraits dans mes œuvres sont aussi importants que l’atmosphère dans laquelle baigne les personnages. Les arrière-plans sont des décors issus de mes propres rêves, ce qui me permet de rester un maximum dans l’imaginaire et la création.

Depuis deux ans, le sujet principal de mon travail est l’autoportrait.
C’est d’abord par facilité que j’ai commencé à m’intéresser à cette forme de peinture. Mais je me suis vite rendu compte que se représenter soi-même était une réelle difficulté.

Face à ce challenge, de nombreuses questions se sont imposées à moi : Connaissons-nous chacun de nos traits ? Sommes-nous capables de nous représenter de la manière la plus juste possible uniquement avec le souvenir de soi ?… C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que je me regardais sans réellement me voir. J’ai alors appris à examiner attentivement chaque détail qui m’échappait habituellement, à me regarder d’une façon plus intime.

Cela a aussi été difficile car j’ai dû poser sur la toile des traits que je n’acceptais pas forcément. Afin de mieux les apprivoiser, je les ai souvent accentués pour me représenter de la façon la plus juste possible.

Se peindre soi, c’est accepter des traits qui nous déplaisent mais cela me permet surtout de raconter une histoire dans laquelle je suis l’héroïne de mon propre univers.